Rapport d'Elisabeth Simon

par René Obi | Hoch-3 GmbH (commentaires : 0)

Voilà trois mois que je suis de retour au Mali après un séjour de six semaines en Suisse. Lors de mon séjour j’ai rencontré beaucoup d’intérêt pour notre travail au Mali. L’association fait maintenant partie de la fédération internationale NoNoma, voir le site internet www.nonoma.org

Au nord du Mali, ce n’est pas encore la Paix. Un terrible attentat vient de secouer Gao. Les bandits armés, les groupes de milices et les djihadistes sont toujours là, même s'ils perdent du terrain. Il y a encore eu des enlèvements d’occidentaux et à certains endroits les camions, bus, et véhicules sont régulièrement dévalisés au retour des marchés. Heureusement à Mopti et Sévaré tout est calme, mais il faut être prudent. Le désœuvrement et le manque de perspectives pour les jeunes favorisent le banditisme.

De début novembre à Noël, j’ai passé beaucoup de temps à Ouahigouya au Burkina Faso et j’ai fait plusieurs va et vient. Nous avons fait opérer, examiner et soigner plus de 25 enfants et jeunes. Malheureusement pour Hamadou 9 ans, c’était trop tard. Il était atteint d’une tumeur au cou grande comme un ballon de foot. Nous nous sommes appliqués à diminuer ses douleurs et nous l’avons ramené dans sa famille. Il est décédé une semaine plus tard, dans son sommeil.

Les enfants, les femmes qui ont des cicatrices sur le visage, souvent résultantes de noma, ou malformations diverses non soignés, souffrent de discriminations car les gens sont persuadés qu’il s’agit de l’œuvre du diable. Ils sont souvent cachés, les filles subissent des viols, des mariages forcés et des brimades de toutes sortes.

Imaginez la surprise lorsque les enfants rentrent chez eux avec un sourire retrouvé !

Aya

Aya 12 ans (photo) a été opérée de ses séquelles de Noma. Elle a eu le Noma à l’âge de 4 ans. Bientôt les cicatrices auront disparu.

Au début 2017, nous allons pouvoir ouvrir un centre d’accueil, d’orientation et de soins pré et post opératoires pour les enfants atteints de noma et d’autres pathologies. L’accent sera mis sur la prévention et l’éducation à la nutrition. Un médecin le Dr Aly Guindo, pourra examiner, référer et suivre les patients car il travaille à l’hôpital de Sévaré. Un nouveau challenge pour l’équipe d’AVEC-Mali.

Le Dr Guindo a terminé sa formation de spécialiste en chirurgie maxillo-faciale et stomatologie en Côte d’Ivoire. Il a souhaité revenir dans sa région d’origine plutôt que de s’installer dans une grande ville africaine ou partir en Europe ou aux USA comme de nombreux jeunes spécialistes après leurs études. Il a participé aux deux dernières missions chirurgicales avec les spécialistes venus de Suisse. Il mérite d’être encouragé.

Le volet social (appui aux familles vulnérables, distribution de lait aux nouveaux nés dont la mère décède pendant ou après l’accouchement), continuera avec la collaboration du service social et la pédiatrie de l’hôpital.

Le jardin d’enfants du Bas-Fonds de Mopti doit s’envoler de ses propres ailes en 2017, même si la situation économique est difficile.

Des nouvelles collaborations s’offrent à nous dans des domaines qui favorisent la santé des enfants (micro-crédit pour l’élevage de petits animaux, fabrication distribution de foyers améliorés et sensibilisation à la protection de l’environnement).

Le manque de sécurité sur les routes est encore un frein pour accéder à certains villages mais des espoirs sont permis. Les gens reprennent confiance dans l’avenir.

Elisabeth Simon

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